Nos films préférés de l’année 2021

L’année 2021 fut une année comme on l’avait souhaité, sous le signe du cinéma, et du bon cinéma ! Des grandes sorties de grands cinéastes, au plus petites sorties mais toute aussi grande en qualité, cette année n’a pas eu de cesse de nous étonner. Bref, une année pleine de surprises et de beauté qu’on vous résume en quelques films, nos films préférés, s’il fallait en choisir quelques-uns. 

Article collaboratif

The Father, Florian Zeller

Un brillant premier long-métrage du réalisateur français Florian Zeller qui nous a proposé cette année une œuvre bouleversante sur l’âge et la maladie avec un duo Anthony Hopkins/Olivia Colman au sommet de leur art (ce qui aura d’ailleurs valu à Hopkins l’Oscar amplement mérité du meilleur acteur). The Father est un film profondément intense qui nous entraîne dans l’esprit d’un vieil homme où tout se mélange, tout est confus. Mené par une mise en scène sobre et particulièrement intelligente perdant volontairement le spectateur entre le thriller et le drame, le film est une vraie réussite qui ne laisse pas indifférent donnant des clés de compréhension sur la vieillesse. Une œuvre saisissante et importante !

Anatole Caille

Malcolm & Marie, Sam Levinson

Il est sorti sur Netflix en janvier et continue de nous marquer en décembre. Il a tenu face aux magnifiques films sortis tout du long de l’année, proposés par nos rédacteurs. On a été séduits par ce noir et blanc aux contrastes parfaits, recherchés, épurés. On a été troublés par la qualité du jeu de Zendaya et John David Washington, couple qui se déchire, s’aime, s’embrasse et se frappe. Nos sentiments vis-à-vis des deux personnages sont sans cesse bouleversés. On a été conquis, tout simplement, par ce film de toute beauté que l’on veut revoir, des mois après. On veut redécouvrir comme au premier jour, ce dialogue si intelligent, pertinent et enivrant. Malcom & Marie est un film en huis-clos audacieux, sexy, si bien composé et mené. 

Maude Vuillez

Annette, Leos Carax

Avec neuf ans d’attente depuis le brillant Holy Motors (2012), Leos Carax nous a fait saliver, angoisser, frétiller et vibrer d’impatience. Cette année, il a récompensé notre attente en nous offrant un film ovni, à la fois violemment actuel et poétiquement intemporel. Une sorte d’opéra-cinéma baroque, qui joue avec humour avec les références du cinéma et de la comédie musicale, avec l’historique de sa propre œuvre de cinéaste, et avec un spectateur surpris à chaque tournant. Film-opéra écrit par le groupe pop-rock Sparks, il met en scène la relation d’abord passionnelle puis dangereuse entre un comique et une chanteuse lyrique comme une descente aux enfers tourbillonnante. Réflexion sur la masculinité, réflexion sur la parentalité, et réflexion sur le cinéma, la mise en scène du cinéaste français magnifie ces chansons déroutantes, et l’interprétation d’Adam driver, sorte d’homme-monstre à l’allure simiesque, ne sort pas de nos têtes. Quelques plans, par ci, par là, se sont inscrits dans mon crâne parmi les plus beaux du cinéma, et l’histoire retourne encore mon estomac par sa puissance et sa nécessité.  

Alma-Lïa Masson Lacroix

Les Sorcières d’Akelarre, Pablo Agüero

A regarder dans le noir, le dernier long-métrage de Pablo Agüero a mis plus de dix ans à voir le jour. Basé sur les textes du chasseur de sorcières Pierre de Lancre et de nombreuses recherches historiques, Les Sorcières d’Akelarre pose des questions essentielles qu’il n’est pas difficile de transposer au monde contemporain. Coupables avant le procès, le destin de nos héroïnes semble tout tracé et pourtant on s’accroche, captivé par des images brutes et sombres, des plans travaillés et une réelle réflexion sur la vision de la femme, que le regard de l’homme est seul à salir. S’il a connu des déboires lors de sa production (peu de producteurs français pour encourager le film, ce qui explique sa relocalisation au Pays Basque côté espagnol, alors qu’historiquement Pierre de Lancre opérait côté français) on souhaite au film d’être reconnu à juste titre par tous ceux qui le visionneront, notamment grâce à Netflix à l’international (comme quoi, le streaming, ça peut aussi avoir du bon).

Nina Lachery

Onoda – 10000 nuits dans la jungle, Arthur Harari

Onoda c’est un film long mais pas lent, qui prend son temps mais qui n’ennuie jamais.  Onoda c’est un grand et beau film sur l’honneur d’un homme perdu dans la jungle pendant des décennies. Onoda c’est l’histoire vraie d’un soldat japonais du même nom durant la seconde guerre mondiale. Affecté sur une île des Philippines, il y restera des années après la fin de la guerre sans savoir que celle-ci est terminée. 

Le film emporte le spectateur dans un voyage à travers une jungle dense et la tête dure d’un homme qui n’a plus que ses convictions pour survivre. 

La réalisation, la photographie, la musique, les acteurs. Tous sont parfaits et forment un des meilleurs films de cette année 2021. 

Je pourrais parler de ce film pendant des paragraphes, mais finalement, la meilleure manière de lui faire honneur c’est de le voir, alors la prochaine fois que vous avez envie d’un voyage, d’être dépaysé et que vous ne savez pas quoi regarder : pensez à Onoda !

Simon Zytka

Les Magnétiques, Vincent Cardon

“Inadapté”. C’est sur la mince définition du célèbre tampon P4 que s’ouvre le dernier long métrage de Vincent Maël Cardona. Le statut était autrefois destiné aux réformés du service militaire, alors considérés comme les cas psychiatriques inaptes au service. Un de mes oncles, réfractaire du service, a bien dû revoir son plan de carrière d’instituteur après avoir reçu son coup de tampon… Or, Les Magnétiques font tout justement le récit de Philippe en 1981, qui, lui, rate l’examen P4 qu’il voulait tant ! Déclaré apte au service, il doit abandonner le garage de son père, les fréquences de la radio pirate de son frère qui le passionnent tant, ses premières amours direction Berlin-Est pour claquer des talons (avec toute l’ennui et l’absurdité du geste), avant de briller dans un véritable moment de grâce à la radio britannique de Berlin qui joue avec une composition au grand angle qui ose articuler au son des parasites et des saturations. Les Magnétiques font ainsi souvent mouche – trop souvent même – quand il s’agit de raconter les dessous d’une génération Mitterrand trahie sous des airs de New Wave allemandes et britanniques. 

Mathieu Dayras

Les Olympiades, Jacques Audiard

J’attendais ce film avec beaucoup d’impatience et je n’ai pas été déçue ! Jacques Audiard raconte Paris avec une vision assez unique en se focalisant sur le quartier des Olympiades et des relations amoureuses de 3 de ses habitants. 

Pour ce film, Jacques Audiard s’est associé avec Céline Sciamma et Léa Mysius pour l’écriture, un triangle réussi qui permet des points de vue multiples.

Ce film nous propose un vrai univers avec le noir et blanc qui sublime le quartier du 13eme mais aussi avec la BO signé Rone qui m’a vraiment fait vibrer ! Un vrai ballet chorégraphié sous nos yeux !

Julia Durand

Playlist, Nine Antico

Avec son noir et blanc poétique et sa retranscription si véridique des sentiments humains, Playlist de Nine Antico ne pouvait défininitevement pas échapper à notre top des meilleurs films de l’année. La cinéaste, également dessinatrice, avait déjà touché nos cœurs adolescents avec la BD délicieusement rétro Girls don’t cry en 2010, qui suivait les aventures de trois amies. Cette fois, c’est autour du personnage de Sophie et de ses amours rythmés par Nana Mouskouri, Erik Satie mais surtout Daniel Johnston, que l’histoire s’articule. Recherches d’appartement, de voie mais aussi d’amour, le portrait de cette jeune mélomane de 28 ans nous a touché par son intemporalité et ses déboires drôles à pleurer. 

Eva Darré-Presa

Illusions perdues, Xavier Giannoli

Illusions perdues, espoir retrouvée, gloire méritée. 2021 a été sauvée par l’adaptation sur grand écran du chef d’œuvre de Balzac: Illusions perdues. Xavier Giannoli nous fait monter dans sa DeLorean direction le XIXe siècle! On observe à la loupe les petits magouilleurs du milieu journalistique, les tricheries des directeurs de théâtre, la course aux gros billets (format A4, c’est vous dire s’ils sont gros). Dans un ballet de combines frauduleuses et de décadence, seul le film semble ne pas tricher avec son spectateur. Si les illusions se perdent dans une société où tout s’achète et où tout se disloque au même instant, une seule chose persiste: l’admiration que l’on a pour ce film. Entre les vannes bien senties de Vincent Lacoste, l’obsession farfelue de Depardieu pour les ananas et la performance électrisante de Benjamin Voisin: les supernovas sont de sortie! 

Lauriane Haumont

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