Du livre au film, ça vaut quoi ? Notre top (subjectif) des meilleures adaptations de livres à l’écran

Alors que les adaptations s’enchaînent au cinéma, je vous propose aujourd’hui trois adaptations phares qui ont marqué les dernières années à l’international. Il s’agit alors de répondre à la question éternelle des fans de la première heure : le livre est-il donc meilleur que le film ? On en profite pour vous glisser notre article sur la différence entre adaptation et transposition, pour vous la ramener au prochain repas de famille. 

Crédits photo : Call Me By Your Name, Luca Guadagnino

Article écrit par Laura Farrugia

DUNE (Frank Herbert, 1965, Robert Laffont, 1970)

Adapté par Denis Villeneuve, 2021 

Aaah, comment parler des adaptations sans mentionner Dune ? Encore une fois, Denis Villeneuve nous met une belle claque grâce à son ambition. Petit, il rêvait de voir Dune en film et voilà qu’il a décidé de s’atteler à la tâche presque maudite de réaliser une adaptation du livre de Frank Herbert. Après Jodorowski et Lynch, Villeneuve n’a pas eu peur d’être ambitieux et ça se ressent à l’écran. 

Petite note de la plus haute importance, Dune le film n’est que l’adaptation de la première partie du livre 1 de la saga littéraire Dune. Ne vous attendez donc pas à une épopée complète si vous avez lu le livre intégralement, mais plutôt à un amuse-bouche que j’ai personnellement trouvé délicieux. C’est aussi là qu’on réalise la puissance de la bande-son composée par Hans Zimmer et qui ponctue parfaitement chaque passage du film. Pour être honnête, j’avais de hautes attentes et je ne suis pas déçue. L’histoire est bien amenée, d’ailleurs beaucoup plus claire que le début du roman. Dune est, selon moi, une parfaite adaptation (malgré les 5 minutes de Zendaya à l’écran, à tout casser). La suite du film (et donc du livre) sortira en France le 13 octobre 2023 et nous promet d’énormes surprises. Entretemps, je vous invite à lire ou relire Dune. Des éditions absolument magnifiques du livre sont sorties pour l’occasion. 

Petite anecdote : en Corée du Sud, on vend maintenant Dune avec de la poudre de sucre en référence à l’épice… oui, oui. 

KIM JIYOUNG NÉE EN 1989 (Cho Nam-Joo, 2016, Editions Nil, 2020) 

Adapté par Kim Do-Young en 2019. 

Peut-être êtes-vous passé à côté de cette jolie sortie littéraire de l’année, ou peut-être êtes-vous tombé sur l’adaptation filmique qui était sur Netflix jusqu’à peu ? Kim Jiyoung née en 1989 est un tout petit roman qui a fait beaucoup de bruit en Corée du Sud, son pays natal. Le livre conte l’histoire de Kim Jiyoung, une jeune femme des plus normales en Corée du Sud, mariée avec des enfants et devenue femme au foyer. Sauf qu’un jour, Kim Jiyoung commence à parler avec la voix d’autres femmes. Des femmes qui ont beaucoup à dire sur leur condition. Le livre fut un scandale pour son propos féministe, dépeignant une réalité qui n’a pas plu aux coréens spécifiquement. Quand le film est sorti, une vague de rupture a déferlé sur le pays : des femmes sortaient de la salle et se disputaient avec leurs partenaires qui ne compatissaient pas avec Kim Jiyoung. L’adaptation fut un grand succès et a pu permettre une popularité au livre qui était vaguement critiqué, à un point où les célébrités coréennes qui lisaient le livre se faisaient harceler en ligne. En tant que française, je n’ai pas particulièrement été soulevée par la puissance du propos – mais le livre et le film dépeignent une société coréenne différente de celle idéalisée en ce moment. 

Bonus : Gong Yoo joue dedans. Voilà. 

https://www.youtube.com/watch?v=uUqsGBspxU4

CALL ME BY YOUR NAME (Andre Aciman, 2007, Editions de L’Olivier, 2008) 

adapté par Luca Guadagnino en 2017. 

Fruit du travail de James Ivory (qui a d’ailleurs été récompensé de l’Oscar de la meilleure adaptation en 2018), le scénario de Call Me By Your Name s’éloigne beaucoup du livre d’Andre Aciman. C’est généralement assez rare d’en arriver à ce constat, mais les critiques du film sont souvent plus positives que celles du livre – un consensus quasi général sûrement dû à l’excellence de la performance de Timothée Chalamet et du scénario de James Ivory. Le livre a d’ailleurs été censuré durant son adaptation, optant pour la suppression de certaines scènes de nudité, ainsi que la réécriture de la fameuse scène de la pêche (que je n’ai sûrement plus besoin de présenter). Par ailleurs, Luca Guadagnino travaille avec l’auteur pour écrire des suites de Call Me By Your Name qui n’avaient pas été prévues lors de l’écriture du premier livre. Folie du succès ou désir d’une saga autour de ses personnages, Guadagnino nous promet des films sensuels et emprunts de nostalgie. Pro-tip pour les fans, vous n’avez VRAIMENT pas besoin de lire le deuxième tome Trouve-moi qui suit la vie du père d’Elio après s’être séparé de son épouse.

Bonus : au bout du troisième visionnage, la scène de la pêche devient moins gênante. 

Je pense que la magie des adaptations, c’est qu’elles nous donnent le privilège de revivre des sentiments qu’on a déjà vécu en lisant les livres qui les ont inspirés… Alors pourquoi en choisir un plutôt que l’autre ? 

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