Voir un psy, encore trop tabou ?

Voir un psy a été pendant longtemps une activité que l’on cachait. Aujourd’hui, les français restent encore pudiques avec la psychologie (d’après un sondage YouGov, pour trois Français sur quatre, se rendre chez un psy pour entreprendre une thérapie nécessite du courage) mais pourtant le tabou autour du psy se lève peu à peu. Cela tient à la discipline qui évolue, qui devient moins rebutante et plus facile d’accès. Cela tient aussi à la société qui évolue et qui porte un nouveau regard sur la discipline. Ainsi, voir un psy – activité culturellement très prisée dans l’Hexagone depuis les années 1970 – est une activité qui commence à se démocratiser. Et parce que c’est une activité qui se démocratise, les tabous autour de la psychologie commencent à tomber.

Article écrit par Yoakim Sigaud

La fin du tabou autour du prix ?

Voir un psy devient plus économique et le tabou autour du prix ne tient plus. Suite aux Assises de la santé mentale et de la psychiatrie qui se sont déroulées les 27 et 28 septembre 2021, Emmanuel Macron a annoncé que les consultations chez les psychologues qui décident de plafonner leurs consultations  à 40 ou 30 euros seront prises en charge. Tous les psychologues ne sont donc pas concernés. 

En parallèle se développe la psychologie en ligne qui propose des tarifs avantageux. Dans une séance en ligne, le patient réduit ses frais de déplacement et bénéficie de consultations moins chères (pas besoin d’une salle d’attente ou d’un cabinet à payer pour le praticien). 

La fin du tabou autour de la compétence ?

Voir un psy devient plus facile d’accès. Longtemps, la psychologie s’est fondée sur le seul usage de la parole. Pour aller chez le psy, il fallait se sentir compétent et être à l’aise avec un langage socialement sélectif. Le tabou de la compétence vole en éclat car le paysage français des psychothérapies s’est complètement reconfiguré depuis le début du 21e siècle pour devenir plus accessible. La psychanalyse était la référence incontournable ; elle est en voie de marginalisation. Il existe désormais des thérapies adaptées pour chaque patient. : thérapies cognitives et comportementales (TCC), thérapies en réalité virtuelle, thérapie par le rire… autant de modes de prise en charge qui permettent au patient de reprendre sa vie en main et de retrouver confiance sans avoir de complexe de compétences… et donc de gêne à en parler.

La fin du tabou autour de l’image ?

La psychologie a longtemps eu mauvaise presse. L’image de la psychologie en société est en train d’évoluer vers une banalisation. On assume d’aller chez le psy et on assume d’en parler (voir le hastag #j’assume.le.psy). Cette normalisation s’explique parce que le rapport aux troubles psychiques est mieux vu et considéré. On peut penser à des séries comme En Thérapie (Eric Toledano et Olivier Nakache) qui font des séances chez le psy le cœur de leur intrigue. On peut aussi penser à des chanteuses comme Pomme qui parlent de leur anxiété sans voile ni pudeur (voir la chanson anxiété). 

Aller voir un psy n’est donc plus une pratique marginalisée mais tend à intégrer une routine de bien être. Parfois, le psy permet une libération de la parole et encourage certain.e.s à sortir d’un cercle nocif. Notre entourage n’est pas toujours à même de nous conseiller et de nous orienter, alors voir une personne extérieure à nos problèmes permet un nouveau regard sur la situation et le mal-être.

Pour les étudiants, des chèques psy sont mis à disposition. Vous pouvez vous rapprocher de votre médecin traitant (avec présentation d’une carte étudiante) ou du médecin de service de santé de votre établissement scolaire, qui pourra vous orienter vers un psychologue partenaire de la démarche. Vous pouvez également retrouver la liste ici.

Il existe également des centres médico-psychologiques qui proposent des séances totalement remboursées par la sécurité sociale.

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