La hype des bijoux vintages : consumérisme ou retour des colliers de nos mamies ?

Ça ne vous a sans doute pas échappé, que vous en soyez vous-même adepte ou que vous l’observiez d’un œil critique, le vintage fait son grand retour dans nos garde-robes et nos intérieurs. C’est tout notre paysage visuel et culturel qui est imprégné de vintage, et ce jusqu’aux œuvres culturelles que nous consommons. 

Article écrit par Marie Greif

Mais d’abord c’est quoi le vintage ? 

Un point s’impose parce qu’on a une forte tendance à confondre le vintage et la seconde main, parfois à raison, on y reviendra. En effet il y a une nuance entre les deux, si le vintage désigne des pièces d’époque (que l’on peut classer par décennies, « très seventies ces boucles d’oreilles oranges en forme de fleurs ! »), ces pièces d’époques n’ont parfois jamais été portées et proviennent de stocks dormants qui n’ont jamais été vendus. De fait, elles sont vintages sans être de seconde main. Et réciproquement, la mode de seconde main peut être vintage, mais désigne tout autant un manteau en skaï des années 1960 qu’un col roulé Zara de janvier dernier. Une autre nuance fondamentale dans la définition du vintage est celle qui oppose les pièces réellement d’époque et les imitations de mauvaise facture qui se contentent de suivre les nouvelles tendances.

Le goût pour l’ancien, une hype de chineurs confirmés et audacieux

Aujourd’hui, on a envie de vous parler plus spécifiquement des bijoux vintages et de la hype dont ils sont auréolés. D’un point de vue purement esthétique, on l’a évoqué, le retour du vintage touche tout ce qui nous entoure, les sapes, la déco, la musique, les loisirs (eh oui, le crochet et le tricot aussi revivent leur moment de gloire !). Alors forcément, les accessoires n’y échappent pas, et parmi eux, on pense évidemment aux bijoux. Que cette retombée en amour soit suscitée par la nostalgie des grosses boucles et bagues dorées de nos grands-mères ou des strass brillants des stars de notre enfance, l’envie de rehausser nos tenues avec des bijoux d’époque est palpable. Ce goût pour le vintage traduit un désir d’unicité, une démonstration d’audace, la volonté de trouver et d’exhiber LA pièce originale chinée en brocante, sur Leboncoin ou dénichée dans l’armoire de tante Claudette. Porter du vintage, c’est une façon d’assumer un parti pris esthétique, de revendiquer une noble insolence dans l’univers de la mode : se parer de mieux que ce que propose aujourd’hui la grande distribution. Et en cela, c’est aussi un parti pris éthique.

Le goût pour l’ancien, une hype éco-consciente 

Parce que porter du vintage est aussi la marque d’une conscience éco-responsable. En portant et en consommant ce qui existe déjà, on fait revivre des stocks dormants, on donne une nouvelle chance à des pièces qui avaient été oubliées, abandonnées dans des entrepôts de déstockage ou remisées dans une sombre boîte à bijoux dans le grenier de nos aïeux. En plus, au-delà d’avoir le mérite d’exister, ces bijoux d’époque ont souvent l’avantage d’être de bien meilleure facture que ce que l’on peut trouver aujourd’hui, à l’heure de la surproduction et de la surconsommation. Les matières sont globalement plus qualitatives, plus durables (le simple fait que ces bijoux aient traversé plusieurs décennies est un bon signe !) et résultent d’un réel savoir-faire. Alors certes, l’artisanat et les bijoutiers dignes de ce nom existent toujours, mais consommer du vintage contribue autrement à reconnaitre un vrai savoir-faire et à valoriser une production à plus petite échelle. 

Et si on arrêtait de produire de nouvelles choses de moins bonne qualité que celles qui existent déjà merveilleusement ?

Et oui, si la hype du vintage est surtout le fait des adeptes d’une mode plus authentique et responsable, elle n’aura pas échappé au grand méchant capitalisme qui voit dans la dynamique cyclique de la mode le moyen de faire toujours plus d’argent. Or quand le capitalisme s’y met, c’est à TRÈS grande échelle, ce qui a malheureusement pour effet d’uniformiser les standards et d’aller complètement à l’encontre de l’éco-conscience et du désir d’originalité dont on parlait plus tôt. Le biais consumériste se traduit par l’imitation – le plus souvent de mauvaise facture – de look vintages par les grandes enseignes de prêt-à-porter alors que la matière première réellement vintage abonde. 

L’éternel retour de la mode est un truisme, on sait pertinemment que la mode est cyclique, qu’on a eu beau s’écrier à 12 ans « non plus jamais les ras de cou élastique », aujourd’hui ces mêmes ras de cou font de l’œil aux plus nostalgiques des années 2000 d’entre nous. Alors plutôt que d’aller en acheter de nouveaux sur Shein ou AliExpress, checkez plutôt Vinted ou les placards de votre chambre d’ado ! 

Les bijoux vintages upcyclés, le compromis ultime

Ou alors, si on désire vraiment des pièces modernes, le compromis ultime réside dans les marques d’upcycling qui posent un regard neuf sur la mode vintage. C’est le combo parfait dans la mesure où l’upcycling remet l’ancien au goût du jour sans surproduire, simplement en réutilisant une matière première déjà existante. De cette manière on peut revaloriser des pièces vintages, soit en les réparant à l’identique, soit en les intégrant dans de nouvelles créations qui mixent les époques et les styles.  Plusieurs marques artisanales se sont dotées d’une identité visuelle forte et font un travail exceptionnel, en proposant des collections limitées de pièces manufacturées dans des entreprises à taille humaine. On peut évidemment penser à Kitesy Martin Studio (@kitesy_martin-studio) dont les colliers en chaînes vintages et mousquetons sont devenus les pièces phares, nouveaux indémodables tout en sobriété, ou à de plus petit.e.s créateur.ice.s comme Gigi Antoinette (@gigi.antoinette) qui propose des bijoux raffinés et colorés à partir de chaînes et perles vintages.

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