Dans la tête de… #46 : Clément Walker

Avec ses synthés pleins de douceur, Clément Walker nous entraîne dans les méandres de son premier EP Maudit Mirage. À la croisée du rêve sensuel et de la radio cassette vintage, Clément Walker aurait pu sans aucun doute réaliser la BO de la version française de Barbarella. On a donc voulu en savoir plus sur cet extraterrestre venu du passé et sur son processus de création. C’est parti pour un voyage dans la tête de Clément Walker.  

Crédits photo : Marina Germain

Propos recueillis par Eva Darré-Presa

La K7 à écouter en boucle, allongé nu sur un tapis tout doux 

La dernière sortie de Flavien Berger, De la friche

La destination idéale pour écouter ton EP

Toutes les petites chambres de bonnes en France avec du vieux parquet.

Une adresse secrète à Paris 

Je crois qu’elle doit rester secrète… 

Le nom de ta fusée

To the moon I 

Le film dont tu aurais pu composer la BO

Pour la beauté de l’image, les voitures volantes en 2019, les androïdes et les néons, Blade Runner mais bon, Vangelis a été sur le coup. C’est pas mal ce qu’il a fait. 

Ton artiste (plastique) préféré 

Theo Jansen, qui fait vivre des créatures composées de tubes en pvc et de bouteilles vides se mouvant grâce à la force du vent. 

Une mélodie qui te reste en tête 

Sans hésiter, la mélodie de Shigeo Sekito reprise par Mac Demarco dans Chamber of Reflection.

Un livre à emporter en voyage dans l’espace 

Comment survivre dans l’espace pour les nuls ? 

Un film à regarder pour être sûr de faire de doux rêves

Big avec Tom Hanks.

Un artiste avec qui tu aimerais faire un duo

November Ultra ! 

Et parce qu’on est curieux… 

Maudit Mirage est un voyage intergalactique et pourtant tu l’as écrit dans ton appartement parisien. Est-ce que sa création a été pour toi un moyen d’échapper à la réalité ? 

Sans aucun doute, je nourris mes chansons de fantasmes, de voyages imaginaires et la musique a le pouvoir de m’emmener ailleurs, de m’inspirer des images et des mots.

Mais plus que la rêverie, c’est le focus sur le projet, le travail, la production, qui m’ont sauvé des angoisses quotidiennes, de la pandémie… La magie avec la création, c’est qu’elle finit par s’installer dans le réel.

Ton EP se trouve à la croisée de l’organique et du synthétique. Est-ce que tu peux nous en dire plus sur ce mélange ? Quelles sont tes inspirations ? 

Si je tends aujourd’hui à produire des sons plus électroniques, mes études classiques au conservatoire ont conditionné mon oreille au monde de l’acoustique. Je crois que ma façon de créer s’est adaptée à mon environnement et à mon mode de vie casanier. Je voulais être autonome dans mes créations et n’ayant pas le luxe d’avoir un orchestre sous la main, ni de piano, ni de grands espaces,  je me suis replié sur les synthétiseurs. J’ai été happé par ces sonorités, capable d’éveiller en moi une mélancolie jusqu’alors inégalée. Cela m’a inspiré un personnage venu d’ailleurs représenté par des sons électroniques et sa rencontre avec l’amour humain, incarné par des cordes, un cor d’harmonie, le piano… 

J’ai beaucoup écouté Ryuichi Sakamoto, Flavien Berger, Infinite Bisou, Connan Mockasin, Muddy Monk et ses rides nocturnes, puis tant d’autres!

La pochette de Maudit Mirage et tes clips sont réalisés en animation. Pourquoi avoir fait ce choix ? Qui les a réalisés ? 

Je crois qu’il s’agit encore de fuir le réel, de dissocier mon image propre de celle du personnage, de timidité aussi, sûrement. Et puis je trouve cela très beau. J’ai eu la chance de croiser la route de l’illustratrice Bérénice Motais de Narbonne il y a 10 ans. Nous avons une sensibilité commune et c’est avec une confiance absolue que je lui ai confié la réalisation des pochettes du single Maudit Mirage, ainsi que celle de l’EP.

Albane Chaumet, que j’ai rencontré à l’ENSAD, a elle aussi eu carte blanche pour réaliser le clip de Sans Toi.  Ses couleurs, sa fantaisie et sa poésie ont enrichi mon univers, marqué un peu plus l’existence de mon extra-terrestre en quête de sentiments.

J’ai construit cet EP comme une préface à un concept album qui prendra une nouvelle forme, avec le même personnage. Le projet va évoluer, le visuel avec pour sûr !

Vous pouvez retrouver Clément Walker sur Facebook et Instagram.

Une réflexion sur « Dans la tête de… #46 : Clément Walker »

  1. A l’écoute, une belle découverte de cet univers doux, très frais, très pop !
    De très belles compositions musicales. On adore !!!

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