Le Collectif Junon c’est deux nanas, Clémentine et Jessica, qui ont décidé de lever les tabous sur la sexualité féminine. Dialogues de vagins, témoignages, artistes et féministes, tout est réuni pour un combo gagnant. Alors si toi aussi tu veux en savoir plus sur leur grand projet Hystérique, c’est juste en dessous. 

Collectif Junon

Propos recueillis par Océane V.

Pouvez vous relater brièvement le parcours qui vous a mené à créer le Collectif Junon ?

On était dans la même licence d’info-com Hypermédia à Annecy en 2014 où on a pas mal étudié les images autant au niveau des sens qu’elles pouvaient dégager que des références que l’on pouvait puiser dans l’histoire de l’art. Après notre licence nous sommes toutes les deux venues à Paris, en partie pour pouvoir développer au mieux notre projet Junon. 

(Clémentine) J’ai entrepris un Master en Arts plastiques/Médiation culturelle, toujours la tête dans Junon, que j’ai d’ailleurs réussi à intégrer dans pas mal de mes projets scolaires. Ensuite je suis partie à l’aventure vivre dans un van en Australie avec une amie pour changer d’air ! De retour en France, j’ai travaillé en galerie d’art.

Je crois que Junon était le point de départ de mes projets, de même pour le féminisme. Le collectif a débuté comme  un site sur la sexualité et le plaisir féminin et s’est ensuite ouvert petit à petit à des problématiques plus engagées. 

(Jessica) Pour ma part, j’ai eu un peu de mal à savoir ce que je voulais faire après ma licence (je ne suis toujours pas vraiment certaine de savoir… Haha). Après un an de stage, voyage et petits boulots, j’ai repris mes études en Master d’études de genre. Ce choix fut clairement influencé par la création de ce collectif, mon féminisme et mon engagement (combo gagnant, haha). Par chance, je ne me suis pas trompée, et effectivement ces études m’ont apportée beaucoup, autant en termes de connaissances que concernant ma vision du monde. 

 

Devenir féministe a-t-il été un déclic à un moment de votre vie ou est-ce une réflexion progressive ?

(Clémentine) Pour moi, c’était une révélation progressive à force de lire des articles, d’aller à des événements féministes et de vivre aussi…! Emménager à Paris et sortir de ma petite campagne m’a permis aussi d’ouvrir les yeux là-dessus, je crois. 

(Jessica) Je crois que ma vision féministe s’est développée au fur et à mesure de mes rencontres, lectures et réflexions. Internet a joué un rôle primordial là-dedans. Je n’ai pas souvenir d’un déclic précis, mais je pense que c’est par le biais de la sexualité que j’ai pris réellement conscience du sexisme et des oppressions de genre. À partir de là, j’ai de plus en plus souvent porté les « lunettes du genre » (haha). Ce master en études de genre m’a ensuite beaucoup aidé à avoir des réflexions plus poussées. 

Collectif Junon - Monologue du vagin

 

Pourquoi appeler votre collectif « Junon » ?

Junon est une déesse de la mythologie romaine connue pour être la déesse des dieux, de la fertilité, des couples, etc. L’histoire raconte que lors d’une dispute entre Junon et son mari Jupiter, sur qui de la femme ou de l’homme avait le plus de plaisir sexuel, Tirésias (ayant vécu dans un corps d’homme puis de femme) leur dévoila que le plaisir féminin était plus fort que le plaisir masculin. Junon, irritée par cette révélation qu’elle voulait garder secrète, le priva de la vue. Nous avions bien aimé cette petite histoire, mais notre Junon 2.0, elle, ne veut plus laisser de secret sur le plaisir féminin !

 

Vous mettez en avant beaucoup d’artistes sur Instagram et pour vos projets. D’où vient cet intérêt pour l’art, la création ?

Dès le début de Junon, nous avons travaillé le côté « esthétique » du site. Nous illustrions autant que possible les articles. Pour nous, ce côté visuel, permet de créer une approche plus ludique et « fun » de sujets parfois compliqués ou intimes. L’image peut être par moment plus importante que des mots. On adore Instagram car nous pouvons y partager des visuels que nous trouvons dans nos feeds et qu’on kiffe : un peu de sexy, un peu de lol, beaucoup de kitch ! Mettre en avant le travail des autres est aussi un élément important pour nous. C’est pour cela que l’on a lancé notre revue de créations visuelles Hystérique.

Collectif Junon - Hystérique

 

Qu’est ce que c’est Hystérique justement ? 

Hystérique est une revue hybride qui se métamorphose au gré des numéros, pensée comme un –bel objet– graphique véhiculant des idées. Pour notre premier numéro – PUSSY TALK – nous avons collaboré avec plus de 40 artistes émergentsgraphistes, illustrateurs/trices, peintres, photographes qui nous proposent leur interprétation visuelle d’un extrait des Monologues du Vagin de Eve Ensler :

Si votre vagin était habillé, que porterait-il ?  
-Un béret
-Un blouson de cuir
-Des bas de soie
-Un boa Rose
-Un truc moulant
-Un tutu
-Un Jean

Ce point de départ à la création permet des réflexions plus personnelles à propos du rapport au corps et à la sexualité en général.
Afin de rendre concret notre projet, nous avons lancé une campagne de financement participatif sur Ulule pour financer l’impression ainsi que la journée de lancement qui aura lieu le 9 février au Point Ephémère (Save the date !). Cette volonté de se diversifier résulte de notre ambition de faire grandir notre collectif et de diffuser nos visions de la sexualité et du plaisir à un public plus large.
 

Le Collectif Junon en 2019 ça donnera quoi, les autres projets ? 

En 2019, sortira donc le numéro 1 d’Hystérique « Pussy Talk », nous espérons que ce projet plaira et que nous aurons la possibilité d’en faire d’autres. Nous voulons aussi développer d’autres projets : organiser des expositions, des tables-rondes, des événements participatifs… Nous avons plein d’idée et avons hâte d’y consacrer notre temps !

Un humeur douteux, pas mal de kitsch, des boobs et pussy everywhere… Allez viens on est bien 😉 

Pour découvrir le site du Collectif Junon c’est ici, et pour la page Instagram c’est ici !