Albatras est une jeune marque française du Nord de la France née pourtant à l’autre bout du monde : en Inde. À la tête de ce projet, Arthur, Maxence et Clémentine, qui, à 21 ans, ont décidé de se lancer et de créer leur marque de vêtements. On a pu interviewer Clémentine, directrice marketing et communication qui nous a expliqué en détails les coulisses d’Albatras.

Albatras marque de chemises

Propos recueillis par Eva D.-P.

Est-ce que tu peux nous présenter la marque Albatras ?

Albatras c’est une jeune boutique de vêtements en ligne qui a été créée en février 2019 et dont l’activité de vente a été lancée le 19 août de la même année. Elle propose actuellement 9 modèles de chemises pour homme, de fabrication 100% coton, aux couleurs et motifs variés. On a choisi de reverser 6% du chiffre d’affaire à 3 associations qui sont aujourd’hui nos partenaires. Albatras c’est l’oeuvre de trois amis étudiants de 22 ans qui ont voulu construire ensemble un projet qu’ils souhaitaient entrepreneuriat, mode et entraide et qui n’engageait pas qu’eux.

Qui sont les porteurs du projet ? Comment vous êtes-vous rencontrés ?

Il y a Arthur, qui est président, Maxence qui est directeur général et moi-même, Clémentine qui suis directrice marketing et communication. Arthur et Maxence se connaissent depuis le lycée. Ils sont vraiment devenus amis en faisant la classe préparatoire de Skema. Pour ma part, je les ai tous les deux rencontrés il y a un peu plus de deux ans par le biais d’amis communs.

Comment est né le projet ?

Ça a été un long processus qui a démarré avec Arthur et Maxence, et je suis ensuite arrivée dans le projet. On avait tous les trois une certaine volonté d’entreprendre depuis plusieurs années. Moi j’ai vu dans ma famille mes deux frères entreprendre : ça m’a donné envie. Du côté de Maxence et Arthur c’était vraiment une volonté qu’ils avaient de faire quelque chose ensemble. Progressivement, à force d’en parler, on s’est rendu compte qu’on avait un peu les mêmes goûts, les mêmes idées. Le même goût pour la mode, une envie d’engagement, de responsabilité écologique et une volonté commune de soutenir des projets qui nous tiennent à coeur. Donc à partir de là, on s’est dit qu’il y avait peut être quelque chose à faire ensemble.

Il y a eu plusieurs idées qui se sont succédé avant Albatras, des ébauches qu’on a essayé de creuser mais qui finalement nous plaisaient pas ou étaient trop compliquées à mettre en place. Ce qui a vraiment déclenché le début d’Albatras, c’est le départ d’Arthur et moi en Inde il y a quelques mois. J’y ai passé six mois et lui quatre, on était tous les deux dans la même ville en stage. On avait déjà une petite connaissance des produits indiens. Pour la petite anecdote, on pensait plutôt faire des produits féminins au début et il y a beaucoup d’étoles très jolies en Inde. Mais en faisant des études de marché, on s’est rendu compte qu’il fallait mieux se repositionner sur des chemises masculines. On est tombés amoureux des couleurs, du pays, des motifs originaux.

Pourquoi le nom « Albatras » ?

On s’est inspiré de plusieurs mots et syllabes qu’on aimait bien et qu’on a mixé ensemble. Rapidement nous est venu l’idée de l’albatros, l’oiseau de voyage puisque le projet est vraiment né lors d’un voyage.

chemises-albatras

Votre collection est composée de 9 modèles de chemises pour homme. Quelles sont les conditions de fabrication ?

Les chemises de la première collection ont été fabriquées en Inde puisqu’on voulait travailler avec un fabricant Indien en hommage à cette expérience. Les prochaines collections seront fabriquées en France par soucis écologique et pour essayer de réduire notre empreinte écologique.

Pour ce qui est des conditions de fabrication,  on a pu rencontrer à plusieurs reprises notre fournisseur, après l’avoir choisi. On a visité les bureaux, les locaux et on a pu rencontrer les employés dans l’usine au sein de laquelle les chemises sont confectionnées. L’usine est plutôt petite, plutôt familiale, c’est pas du tout un truc énorme en banlieue. Elle est située dans la ville de Bangalore, qui est connue comme la Silicon Valley indienne. Les employés sont des hommes et des femmes qui ont entre 25 et 40 ans. Les locaux sont propres, le matériel est de qualité et la température dans les salles était très agréable (il faisait entre 35 et 40°C dehors  !).

Avez-vous envie de développer une collection féminine ?

On y pense pour l’avenir, c’est pas du tout exclu. Ça dépendra aussi de la vente de notre première collection. Mais on en a envie puisque c’était le projet de départ. Mais on garderait le côté masculin !

Où avez-vous trouvé vos inspirations pour les chemises ?

Alors, on ne les a pas dessinées nous-mêmes. Le fournisseur nous a présenté une trentaine de modèles et j’ai pu choisir nos modèles. Je voulais des motifs et des couleurs originaux. On a pour projet de rentrer un peu plus dans la confection des chemises et dans le design. Actuellement on n’avait pas les compétences et il y avait trop de travail derrière. Mais j’aime beaucoup la mode, je sais dessiner et c’est donc un projet qu’on a en tête.

Vous reversez 6% de votre chiffre d’affaires à vos trois associations partenaires : LES CLOWNS DE L’ESPOIR, HOPE et CHEER UP -. Comment les avez-vous choisies ?

On est entrés en contact avec plusieurs associations qui nous plaisaient beaucoup. Hope c’est une association humanitaire de Skema Business School qui apporte son aide aux jeunes enfants défavorisés, notamment dans les orphelinats et les centres au Cambodge, Vietnam, Sénégal et en France. Arthur et Maxence connaissaient bien cette association, qui a été élue meilleure association étudiante en 2018.

Les Clowns de l’espoir c’est une association qui regroupe des clowns, des marchands de sable et des bénévoles. Ils se sont donné pour mission d’égayer le quotidien des enfants hospitalisés et leurs familles par le biais de représentations artistiques. C’est une association de plus en plus connue, surtout dans les Hauts-de-France.

Et finalement on travaille avec Cheer Up de Toulouse Business School qui oeuvre quotidiennement pour aider les jeunes de 15 à 29 ans atteints d’un cancer à réaliser leurs projets personnels. Ils leur rendent visite à l’hôpital et ils organisent des événements pour sensibiliser à la fois les étudiants et les Toulousains à la cause de lutte contre le cancer. On est totalement en phase avec ce projet puisqu’on est touchés par ce combat contre la maladie et puisqu’on sait à quel point avoir un projet est excitant et motivant. On ne peut que soutenir ce projet.

Ça fait peur de lancer sa marque à 21 ans ?

Honnêtement, sans être présomptueux, ça n’a pas été notre cas. On n’a pas eu peur, je pense que les sentiments qui nous ont le plus habités tous les trois au moment de créer Albatras, ça été l’excitation, la joie et l’envie d’aller au bout des choses. Forcément on a parfois éprouvé des appréhensions au moment où on a été confrontés à des obstacles. C’est une entreprise, tout ne se passe pas toujours bien ! Mais on a jamais ressenti vraiment de peur réelle. Surtout parce qu’on était tous les trois et honnêtement je ne sais pas si je me serais lancée dans un projet toute seule.

On prend également un certain recul vis-à-vis d’Albatras. Même si c’est un projet qui nous tient vraiment à coeur et qu’on veut porter le plus loin possible. Si l’avenir n’est pas radieux, on s’en remettra. On n’éprouvera aucun regret puisque ça nous a apporté énormément de choses professionnellement et humainement.

Quels sont vos futurs projets ?

Je ne peux pas trop en dire mais il y a un événement assez important et une édition limitée qui se préparent ! Et sinon pour les projets futurs, production en France pour les prochaines collections. On va essayer d’être de plus en plus local, de réduire le plastique pour éviter d’aggraver le cas de la planète ! Je pense que ceux qui entreprennent aujourd’hui doivent absolument y penser et faire les choses dans ce sens là, sinon ça sert à rien d’entreprendre si c’est pour pourrir un peu plus la planète. Même si aujourd’hui il y a encore du plastique sur les chemises, parce que ça dépendait du fournisseur, on essaie d’évoluer vers plus d’éco-responsabilité. C’est coûteux, donc plus on pourra s’étoffer, plus on pourra aller vers ça.

On aimerait également agrandir la gamme avec des t-shirts, des pulls pour femme et pour homme. Mais on garde notre image avec des couleurs et des motifs originaux !

Vous pouvez retrouver Albatras sur Facebook et sur Instagram. Et pour shopper une chemise, c’est juste ici.